Un mur de photos de bébés pour sauver la maternité

Un mur de photos de bébés pour sauver la maternité. Le personnel de la maternité de la clinique Pasteur s’inspirera peut-être de la démarche originale de deux mamans qui, pour tenter de sauver la maternité d’Orthez, ont mis en ligne mercredi sur le site Internet Le Bon Coin une annonce pour trouver… un gynécologue-obstétricien ! La page Facebook « Naître Aroyan » relaie en tout cas cette initiative marquante.

Localement, pour l’heure, la vingtaine de personnels de la maternité a choisi des canaux plus conventionnels pour mener la même démarche : trouver un ou plus sûrement deux nouveaux gynécologues-obstétriciens, pour que le départ à la retraite de l’un des deux praticiens actuels, le 31 décembre prochain, ne sonne pas le glas de la maternité royannaise. De sa propre initiative, en effet, le personnel a adressé une lettre à toutes les écoles de sages-femmes, afin qu’elle soit diffusée au sein de tous les services de maternité de France. Son objet : susciter des candidatures. Le même appel a été adressé au collège national de l’Ordre des gynécologues-obstétriciens.

Un mur de photos

Désormais, donc, les actionnaires et la direction de la clinique Pasteur ne sont plus seuls à se lancer à la recherche de la perle rare, le gynécologue-obstétricien qui accepterait de travailler à Royan et assurerait ainsi, par sa présence au côté de sa consœur intervenant déjà à Pasteur, la pérennité du service.

Mercredi, trois sages-femmes et une auxiliaire de puériculture ont rencontré en délégation le député-maire de Royan, pour le sensibiliser, s’il en était encore besoin, au problème. Pour lui demander l’autorisation, également, d’investir une partie de la place Charles-de-Gaulle les samedi 28 et dimanche 29 juin pour y dresser un grand mur symboliquement tapissé de photos d’enfants nés à Royan. Une initiative à laquelle le personnel de la maternité aimerait associer le plus grand nombre de parents (1).

Les membres du personnel montent donc à leur tour au « front ». Mais précisent leur état d’esprit, par la voix notamment de Dorothée Robin-Legrand, auxiliaire de puériculture en salle d’accouchement : « Nous ne sommes contre personne. Nous sommes pour le maintien d’une maternité en Pays royannais. Peu importe où. »

Cette pérennité de la maternité, tout le personnel l’appelle de ses vœux en premier lieu pour le confort et la sécurité des futures mamans. « Tout au long de l’année, les pompiers nous amènent des femmes qui accouchent à peine arrivées chez nous. Ce qui veut dire que demain, elles n’auront pas le temps d’arriver à Saintes ou à Rochefort. Si un seul incident survient, ce sera déjà un incident de trop », prévient Dorothée Robin-Legrand.

Sans nouvelles

Rien ne filtre, depuis plusieurs semaines, sur le devenir de la maternité. Chaque jour qui passe amenuise les chances de la voir rester sur le territoire du Pays royannais. « En allant à la rencontre de Didier Quentin, en organisant ce week-end de sensibilisation les 28 et 29 juin, nous voulons un peu provoquer les nouvelles justement, car si nous n’apprenons rien avant l’été, tout va aller très vite ensuite », souligne Aurélie Masteau, sage-femme.

Le 27 mai dernier encore, la direction de la clinique Pasteur a réuni le personnel. « Une réunion stérile, au final », observe Véronique Rambaud, sage-femme à Pasteur depuis 1983, à l’époque en centre-ville. Au pessimisme qui pourrait les gagner, car leur propre emploi aussi est en jeu, les membres du personnel de la maternité veulent opposer une kyrielle de sourires et de frimousses attendrissantes, avec ce mur qu’elles dresseront dans quelques jours. Une manière positive d’attirer l’attention sur une réelle source d’inquiétude.

(1) Pour apporter sa contribution à l’opération, il suffit d’adresser une photo de son enfant par e-mail à l’adresse angelique131021@gmail.com. Photo qui ne sera évidemment utilisée quand dans le seul cadre de la réalisation du mur de photos en soutien à la maternité.

Art Ronan Chérel de Sudouest

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