L’ange-gardien des SDF

L'ange-gardien des SDFMichel Tété, l’ange-gardien des SDF. Après tout, Michel Tété travaille de nuit, du dimanche au jeudi soir. Chargé de gérer l’accueil de nuit que le Centre communal d’action social de Royan ouvre de l’automne au début du printemps aux sans domicile fixe en quête de quelques nuits au chaud. Chargé de faire régner l’harmonie parfois fragile entre ses «pensionnaires». Ce métier, Michel Tété «ne (s) en lasse pas», pourtant.

Michel, lui, porte un regard bienveillant sur les vagabonds, les jeunes perdus en quête de repères et d’attention autant que d’un toit. Plus qu’un gardien des nuits au chaud de ses ouailles, Michel se pose en confident, en soutien.

Soutenu par le directeur du CCAS de Royan, Philippe Metge, «qui vient lui-même un ou deux soirs par semaine à l’accueil, reste discuter, lui aussi, propose aux gens de venir le voir le lendemain au CCAS, où il les reçoit sans rendez-vous».

Michel Tété, lui, se pose en interface entre la froideur d’une vie en marge et l’espoir d’un retour dans la «vraie» vie. Le matin, quand il ferme la porte de l’accueil de nuit, qu’il rouvrira en début de soirée ensuite, il ne conçoit pas de cloisonner.

Alors, depuis vingt et un ans, quand il en a fini avec sa nuit de travail, il arpente les rues de Royan dans la matinée. Des galeries Botton à la base nautique, des abords du Tiki au Palais des congrès, il part en maraude, va au-devant des SDF. De ceux qu’il a pourtant vus, déjà, la nuit précédente, ou des nouveaux, dont il a eu vent de l’arrivée.

Michel Tété n’a pas le sentiment d’exercer un métier ingrat.

résumé art Ronan Chérel de Sudouest

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