La 9e compagnie partait pour la guerre

Depuis le mois de juillet 1914, la saison estivale qui s’annonçait brillante à Royan était assombrie par les menaces de conflit. Quelques jours plus tôt, l’attentat de Sarajevo avait enclenché le terrible engrenage. Le 1er août, le capitaine Didier, qui commande la 9e compagnie du 144e régiment d’infanterie, à la caserne Champlain, reçoit un télégramme du commandant de la 18e région militaire officialisant la mobilisation.


Le pire n’est jamais sûr, mais qui peut croire que le conflit – revanche tant attendue de l’humiliation de 1870 – n’aura pas lieu.

L’officier royannais a rédigé un véritable reportage sur ce départ dont voici quelques extraits.

Il faut préparer l’installation des personnels qui, après le départ au front du 144e régiment d’infanterie, vont mettre en place les défenses de l’entrée de la Gironde [\u2026].

Les soldats royannais, qui n’étaient pas encore des «Poilus», ne partent pas directement au front et sont rassemblés dans un premier temps à Bordeaux où ils vont se rendre en train.

Les mères sont en larmes, les pères les refoulent à grand-peine dans des rires qui éclatent faux.

Tous vont au capitaine comme s’il pouvait commander au destin : « Veillez sur lui, il est si imprudent ». Les autorités civiles, militaires et religieuses sont là.

Leur présence a quelque chose de solennel qui étreint et en même temps réconforte.

À midi, au chant de « Flotte petit drapeau », le train s’ébranle [\u2026].

Le train sera à 16 heures à Bordeaux.

Quelques jours plus tard, les Royannais seront conduits vers le front, la fleur au fusil comme il se doit.

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