À Cordouan avec les derniers gardiens

Quand Serge Andron repartira-t-il une dernière fois avec la marée? Cette grande affaire n’est pas encore élucidée. Mais le plus ancien des gardiens de phare de l’Hexagone le sait : passé l’hiver prochain, il n’encaissera plus de méchantes tempêtes tout en haut, dans la lanterne du phare de Cordouan. Trente-sept ans après avoir avalé pour la première fois les marches qui mènent à la cour intérieure de l’édifice, Serge Andron a mis tout doucement le cap vers la retraite.

Presque autant que son «vrai» domicile terrien, distant d’une dizaine de kilomètres, par-delà les vagues et les bancs de sable, au Verdon-sur-Mer.

Sa révérence, comme celle de son compère Jean-Paul Eymond, signera la fin d’une époque.

Ils sont les deux derniers spécimens d’une espèce au seuil critique d’extinction, les deux seuls fonctionnaires du service des phares et balises à être encore affectés dans un phare en pleine mer.

Née il y a une trentaine d’années, la vague de l’automatisation est venue déferler en 2006 sur le plateau rocheux qui entoure Cordouan.

Désormais, le pinceau de lumière qui balaie l’embouchure de la Gironde et les trains de houle au large de Royan et du Médoc démarre chaque soir sans intervention humaine.

Le Syndicat mixte pour le développement durable de l’estuaire de la Gironde (Smiddest) a hérité le 1er janvier 2010 de la gestion du «roi des phares», construit en 1611.

Savoir s’occuper de la lentille, des moteurs et de toute l’installation électrique.

Je n’étais pas en poste le 27 décembre 1999, lors de la grande tempête.

En revanche, j’étais au phare pendant Xynthia, en février dernier.

Contrairement au phare de Calais, où j’ai débuté, la structure de Cordouan ne bouge pas, même par grand vent. S



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