Avant les Etats-Unis, on ira tous au paradis

Bouteille-cognacPour peu qu’il sache gratter le chêne tonnelé du Limousin, celui-ci découvrira alors sous la moisissure, et derrière une lourde grille, le «paradis» de la maison Ferrand. Dans cet étroit coffre-fort ainsi baptisé par tous les maîtres de chai du Cognaçais, à peine une trentaine de dames-jeannes résistent au business depuis la fin du XIXe siècle.

«Une récolte de guerre et de femmes, puisqu’à l’automne les hommes se battaient déjà contre les Allemands», raconte Anaïs Breham, l’une des gardiennes du temple Ferrand, sommée par son patron de ne distiller qu’au compte-gouttes ce rare millésime revendu environ 1 000 euros le flacon.

Pas plus haut que le vers de poésie de comptoir donc, car, après avoir rendu à l’empereur romain Probus ce qui lui appartient – il offrit aux Gaulois de Saintonge le privilège de faire du vin -, il faudra bien reconnaître aux Hollandais la paternité du cognac.

En ce XVIe siècle où, déjà, le marin du port d’Amsterdam boit et reboit encore, celui-ci aura en effet le premier l’idée de distiller l’inégale piquette du Poitou en «vin brûlé», le désormais fameux «brandy», que l’hépatique de Hambourg ou d’ailleurs rallongeait alors systématiquement d’eau en cassant la croûte.

À défaut d’avoir inventé l’eau chaude, les Bataves venaient ainsi d’inventer l’eau-de-vie de cognac, faisant longtemps de leur contrée l’autre pays du breuvage, et le premier à dresser des alambics dans une campagne bientôt reconvertie en port autonome, des quais de La Rochelle jusqu’à ceux de Rochefort, où les négociants se comptaient alors par centaines. Source



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